Tag Archive | "coup de gueule"

Contre-culture : la Ville de Metz m’a tuer


Dites les mecs, juste une question comme ça : z’auriez pas croisé la contre-culture à Metz ??

Non parce que moi, y a pas si longtemps je la croisais toutes les semaines la contre-culture, et puis depuis quelques temps, silence radio, plus rien, que dalle, nada, tchipète, elle a comme qui dirait disparu c’te quiche. Ouais, disparu vous dis-je.

Y a encore trois ou quatre ans de ça, les concerts à Metz, c’était monnaie courante. Dès le mercredi, tu pouvais facilement écouter du rock alternatif, du punk, de la oï, du rockab ou du garage dans un bar. Tu payais trois euros, tu commandais ta binouze et tu profitais tranquillement de deux ou trois groupes bien undeground. Et c’était fort bien. On ne se posait pas la question de savoir si y avait ou non un truc à voir puisqu’y avait TOUJOURS un truc à voir, toujours un bar disposé à faire jouer des groupes, toujours un peu de punk bourrin, de ska festif ou de garage cradingue à se mettre dans les oreilles. Les petits groupes, même les plus méconnus, n’hésitaient pas à faire de la route pour venir investir un bar de quartier, le public était présent, l’ambiance était chouette, et bref, y avait une culture urbaine et nocturne à Metz.

Et va savoir pourquoi, en l’espace de quelques années, tout s’est barré en couilles.

Ben ouais tu penses…

Quand des patrons de bar sont confrontés à une première fermeture administrative d’un mois pour tapage nocturne, puis à une seconde, tout ça parce que le bourgeois messin qui se targue de vivre en centre-ville n’aime pas bien que dix ou douze gens du peuple parlent et rient fort en fumant une clope devant le bar, ben c’est un peu rude de survivre.

Parce que oui, voilà ce qu’est devenu Metz : une ville fort belle ma foi. Mais juste belle quoi.

Le silence la nuit, c’est beau. Alors on ferme les endroits trop bruyants.

Pis faut dire que la plèbe qui s’entasse sur le trottoir d’un troquet avec une cigarette dans une main et un gobelet de bière dans l’autre, ça fait pas trop rêver, alors on s’efforce d’éradiquer.  On menace les bars de fermeture, on dépense une énergie considérable à limiter puis interdire indirectement les concerts, les trottoirs et les rues sont à nouveau vide, vides des rires et des conversations de la nuit, et la Cité peut alors dormir en paix.

Tout n’est plus que beau, bourgeois et aseptisé.

On a supprimé des zones de stationnement gratuit, ça faisait désordre toutes ces voitures de pauvres le long des trottoirs. Maintenant, on ne se déplace plus qu’à pied, c’est beau, c’est écolo, ça plaît aux bobos qui font leur pétanque au pied de la cathédrale en été, et puis on se fout pas mal de savoir si la mère célibataire en chie lorsqu’elle se farcit plus d’un kilomètre à pied entre sa caisse et son deux pièces, avec une poussette et ses deux mômes sous le bras.

Metz, c’est beau. C’est beau et c’est propre.

Les cafés anciennement pleins à craquer où crêteux, tondus et chevelus s’entassait devant la scène lors de vrais bons concerts tentent tant bien que mal de survivre en faisant preuve d’inventivité et en tentant de consoler l’ex-client pogoteur avec des soirée à thèmes ou des activités ludiques. Le bar autrefois tapissé d’affiches de concerts jaunies qui accueillaiet des groupes rock chaque soir de la semaine a cedé sa place à un bar expo fort gentillet où les lecteurs de Télérama aiment disserter autour d’un verre de blanc.

Maintenant, Metz, en plus d’être beau, c’est calme. Et tout le monde il est content.

Non mais y a pas à dire, Metz c’est VRAIMENT une belle ville.

Une ville de gens de bon goût et de bonne compagnie qui aiment les expos, la musique pas trop bruyante, la folk et la chanson à texte. Une ville de gens qui se baladent dans les allées fleuries et sur les places fraîchement pavées avec un pull cachemire autour du cou. Une ville où on boit des blancs secs en terrasse au pied de jolis monuments. Une ville de gens qui aiment par dessus tout les expos chiantes et les ambiances boboïsantes. Une ville de gens qui aiment la musique, oui mais alors pas trop fort hein, et sans sauvages qui bousculent. En somme, une ville qui n’aime peut-être pas tous les gens.

Et alors, les autres ?? Les gens comme moi qui payent des impôts à Metz mais qui aiment bien quand les amplis déversent du garage bien cradingue, quand les punks se bousculent au premier rang, quand les skins ajustent leurs bretelles à un concert de ska (encore faut-il expliquer au commun des mortels que non, les skinhead ne sont pas des nazis), quand les conversations sont plus orientées geekeries que culture de masse bobo, ben on fait quoi ? On se la met sur l’oreille et on rentre sagement chez soi, là où on fait chier personne ?

Moi j’aime pas la musique gentille et aseptisée, j’aime pas les concerts où ça se bouscule pas mais où par contre, chacun a bien pris soin d’amener son CD pour se le faire dédicacer, pis déjà j’aime pas les concerts où le public est assis à une table de café, regardant la scène comme un con, stoïque, public de connards ouais, bande de baltringues qui savent pas rire, qui savent pas vivre. Ah ouais, mais elle est belle la ville de Metz, elle est belle et il y fait bon vivre, l’atmosphère y est si calme et apaisante ! Y a pas un bruit, y a que des gens cultivés (ou faisant semblant de l’être, la plupart du temps) qui font semblant de se passionner pour des vernissages de merde, y a pas de mouvement, pas de trucs marrants, y en a plus que pour le Sacro-Saint centre Pompidou dont la ville s’enorgueillit chaque jour un peu plus, ce foutu centre Pompidou censé donner un souffle nouveau à la ville, censé attirer le riche parisien qui viendra alors dépenser son argent chez les commerçants locaux.

Nan mais j’t'en foutrais des Pompidou !

Metz, c’est triste. c’est d’une tristesse absolue. Et la mairie socialiste, elle nous l’a mise bien profond, moi j’te l’dis. “Faut virer le gros Rausch qu’ils disaient“, trop à droite, trop désuet, faut envoyer chier les bourgeois, faut que ça bouge, faut que ça vive.

Ah mais ouais, v’là comme ça bouge ! Putain ça bouge tellement que j’en ai mal à la tête. Tu veux organiser un truc un peu fun et en guise de réponse, t’as droit qu’à un silence radio. S’agirait pas de détourner l’attention du public du tout puissant centre Pompidou, tu comprends. Metz, une ville de culture où les rares concerts punks sont désormais à 16 € l’entrée, faut de lieux financièrement accessibles, une ville ou la culture a étouffé la contre-culture, littéralement.

Nan mais sérieux, gens, venez à Metz, vous verrez, c’est beau. Y a de belles rues piétonnes entièrement re-pavées, y a des places fleuries à outrance, y a de chouettes monuments, y a des terrasses sympas, tu verras c’est cool. Et la vie nocturne à Metz, tu verras c’est fendard. A dix heures et demi, un suppo et au dodo, tout le monde rentre dans sa guitoune regarder la fin de l’émission de Ruquier. Parce qu’y a rien d’autre à foutre vois-tu. Nan mais sérieux, viens à Metz, tu vas aimer !

Cet article n’est évidemment pas sponsorisé par l’association des commerçants de Metz (d’ailleurs je vais peut-être me faire lyncher publiquement par les autres commerçants). Mais il est encouragé par l’association CUMFS (Commerçants Underground de Metz qui Fuckent the System) alias le comité de résistance messin en faveur des contre-cultures, du rock’n'roll et des meufs à poil (ça je l’ai ajouté uniquement pour faire plus racoleur).

En attendant, on se console en allant boire des bières pas fraîches à l’Emile Vache, dernier bastion du rock à Metz, qui organise notamment les soirées Garage Dedans chaque dernier samedi du mois avec la complicité de Garageland. Et on vient se plaindre chez Garageland, parce qu’on aime bien (aujourd’hui, j’ai fait deux ventes - trop d’la merde ouais - mais j’ai entendu les plaintes de huit clients qui estiment que la ville de Metz, c’est pire qu’une ville fantôme et qu’on va finir par se foutre en l’air à force de s’y emmerder) (oui, chez Garageland, je suis vendeuse/psy/bureau des plaintes, c’est trop bien).

Non mais sérieux, Mairie de Metz, si tu m’écoutes, vas-y, sors nous le grand jeu, impressionne nous, joue les grands seigneurs ! Maintenant que t’as claqué 44 millions d’euros dans ton jôôôôli centre Pompidou, je suis sûre qu’en faisant un petit effort,  tu peux racler les fonds de tiroir pour nous payer un endroit autogéré par des gens et des asso en faveur de la contre-culture. Allez, steuplé quoi, fais pas ta pute ! Des endroits laissés à l’abandon et qui ne demandent qu’à être réhabilités et gérés par des gens cool, fais pas genre hein, on sait qu’y en a. Des gens plein d’énergie et de créativité prêts à s’investir corps et âme pour relancer les contre-cultures, idem, on en connaît à la pelle (et on en est !). Alors vas-y Mairie de Metz, sors nous le grand jeu, montre nous que t’as des couilles et entends-nous.

Posted in Lis des trucsComments (47)

Réflexion sur la hype de la bite


C’est vrai ce qu’on me dit ? Paraît que ça parle pas assez de sexe sur ce blog, que vous regrettez l’époque où on épiloguait sur des sujets plus touche-pipi et moins prise de tête que le yaourt au soja vs Petit Gervais ?

Très bien.

Puisque c’est comme ça, aujourd’hui on va parler de fesse, que vous le vouliez ou non.

Et en parlant de fesse…

… si y a un truc qui m’épate en ce moment, c’est la façon dont les gens conçoivent désormais leur sexualité.

A savoir qu’ils vivent désormais dans la surenchère, faisant de leur vie sexuelle une sorte de challenge de tous les instants, un marathon du cul, s’employant de leur mieux à être le plus open, le plus tendance, le plus téméraire et le plus inventif possible en ce qui concerne les joies du sexe.

Je t’explique.

Prenons un exemple :

Fut un temps pas si lointain ou la sodomie, entre autres, était une pratique dont on ne parlait pas, ou si peu. A titre d’exemple, pour ma part, la première fois que j’ai entendu prononcer le mot “sodomie”, c’était dans une conversation de cour de collège où deux élèves de 3ème se marraient en se remémorant l’émission de Doc et Difoul sur Fun Radio, reparlant de cet auditeur qui avait téléphoné pour poser la question suivante : “Je viens de sodomiser ma petite amie pour la première fois, peut-elle encore se considérer comme vierge ?“. Comme tout le monde avait ri en entendant ça, j’avais ri aussi, bien trop orgueilleuse pour admettre que je ne savais absolument pas de quoi il était question et étant bien décidée à ne pas prendre le risque de remettre en jeu ma réputation de fille über cool du collège. En rentrant chez moi, j’avais somme toute chopé le Petit Larousse familial pour combler mes lacunes et y avait trouvé une réponse vague et concise qui se résumait à peu près à : “pratique homosexuelle“. C’était en 1994, je tiens à le préciser, et le dico familial n’était plus tout jeune. Tout ça pour en arriver là : quinze ans plus tard, il te suffit de parcourir la rubrique courrier des lecteurs de n’importe quelle revue destinée aux ados pour avoir une réponse à la question, et tout rayon pour adulte des grandes librairies propose une sélection d’articles de 150 pages consacrés au sujet.

Parce que oui, en plus d’être aujourd’hui aussi banale que le roulage de pelle, la sodomie est une pratique en vogue, tantôt plébiscitée par la presse féminine (ah, on me dit dans l’oreillette que c’était tendance en 2008 mais que c’est devenu has been en 2009, année de l’apogée de l’échangisme puis en 2010 avec la tendance SM soft), tantôt expliquée par les nouveaux guides sexo fun et décomplexés, et bref, en 2010, si t’as plus de 18 ans et que tu te fais pas régulièrement enculer, t’es un peu considéré comme un has been du cul.

Marre-toi, n’empêche que j’exagère à peine. En 2010, la coolitude du slip passe nécessairement par la pratique régulière de la sodomie, c’est la tendance qui le dit (au même titre que l’utilisation régulière de sextoys, de menottes, et que la pratique occasionnelle du sexe à plusieurs et de l’échangisme).  Et du coup, cela donne lieu à des situations tout à fait incongrues, comme cette fois où je me suis retrouvée au restau avec une copine qui a cru bon de me parler de sa “déchirure de l’anus après une sodomie un peu trop énergique” entre le plat et le dessert. Et bon appétit bien sûr.

Sauf que moi, j’ai pas trop trop envie de savoir ce que mes potes font dans leur pieu. Et encore moins envie d’être renseignée sur leurs irritations anales ou autres désagréments du genre. Pourtant c’est un fait, après la règle d’or number one qui veut qu’à notre époque, l’on se doive d’avoir une sexualité qui consiste à s’adonner à autant de pratiques sexuelles différentes que possible, vient la seconde règle fondamentale : la pudeur tu oublieras. Mieux : ta vie sexuelle tu détailleras, afin de ne pas prendre le risque d’être considéré comme un pas cool du cul.

Résultat : niveau sexe, les gens font TOUT et en parlent.

Un peu comme si chacun avait une check list punaisée au-dessus de son lit, prêt à cocher chaque pratique enfin testée.

Exemple :

- levrette : FAIT (trop facile)

- sodomie : FAIT (toutes les semaines)

- double pénétration : FAIT

- éjac faciale : FAIT

- plan à trois : FAIT

- plan à quatre : FAIT

- plan à 18 : A FAIRE

(Je précise que ceci n’est PAS ma propre check list hein)

C’est à se demander si les gens baisent désormais pour le plaisir et non pas plutôt dans un souci constant de performance.

Ce qui donne lieu, ma foi, à des trucs très très drôle parfois. Par exemple, depuis que les magazines féminins ont vanté le soft bondage ou SM chic, depuis que les marques d’articles érotiques se sont engouffrées dans le créneau de la menotte à moumoutte et du gentil fouet rose girly, tout le monde, je dis bien tout le monde ou presque, se revendique adepte occasionnel du sado-masochisme. On s’attache au lit avec des rubans en satin voire avec des menottes factices en fourrure rose si vraiment on est des dingues, on se tapote gentiment le gras de la fesse avec une fausse cravache pensée et conçue pour pas faire trop mal (tout de même), et quand on a fini de jouer aux méchants sado-maso, on se dit qu’on est trop des ouf de la bite, qu’on est des vrais libertins, qu’on est toujours prêt pour le grand frisson et qu’on vient encore de gagner des points de coolitude du cul.

Ah mais laisse-moi rire quoi ! Moi j’adore quand les gens me disent “Han mais moi, chuis vachement branchée SM !“.  Comme si avoir une paire de menottes en plastoc dans sa table de nuit et aimer se prendre une petite claque sur la fesse pendant une levrette faisait de quelqu’un un adepte du SM. Ah mais ouais ma grosse, t’es branchée SM ?! Ca veut dire que si ton mec t’attache au lit avec de vraies menottes de flics, se met à te savater les cuisses à coup de vrai paddle bien rigide et te laisse en plan comme ça, pendant des heures, avant de revenir t’insulter, tu vas kiffer ??

Moi j’aime bien voir la tête des gens quand je leur sors des trucs comme ça. Et j’aime bien le rire gêné et le “Hin hin oh ben non hein, quand même pas !” qui suit. Et surtout, j’aime bien ajouter : “Bon ben ta gueule alors, t’es pas du tout branchée SM, on est bien d’accord.” (Oui je sais, je suis méchante) (En même temps, t’as trouvé ça tout seul dis ?)

De la même façon, quand des gens viennent me parler de leurs plans bi trop dé-jan-tés parce qu’ils ont vite fait joué à touche-pipi avec une personne du même sexe dans une soirée trop arrosée, j’ai juste envie de leur arracher la langue (avec les dents) (et de la recracher dans une poêle, comme dans Warlock) pour les faire taire. Parce que c’est pas “ça” être bi, c’est pas une tendance d’être bi, et je vois pas pourquoi on devrait TOUS baiser au moins une fois avec une personne du même sexe pour se sentir épanoui dans sa sexualité.

Bref, tout ça pour dire que désormais, en matière de sexe, la tendance voudrait que seuls les gens prêts à essayer tout et n’importe quoi en matière de sexe, sans que cela ne réponde pour autant forcément à leurs envies, mais juste afin de pouvoir se dire “ayé j’l'ai fait”.

Alors t’sais quoi ? Ben moi aussi je veux en être.

Moi aussi je veux pouvoir frimer en société et racontant que je suis trop une déesse de la bite. Et comme je suis une grosse gueudin, moi je vais aller encore plus loin, faire encore pire que tout ça, devenir une sorte d’aventurière du sexe.

Mieux que le vrai SM, mieux que l’éjac faciale, mieux que la double pénétration, mieux que le triple fellation (si si, ça existe), mieux que la sex tape balancée sur internet, mieux que la partouze dans une boîte échangiste de rase campagne, je vais faire ce truc de vrai dingue, de gros malade mental que plus personne n’ose faire en 2010 :

un missionnaire.

Dans le noir.

Truc de ouf ouais.

Sans quéquette vibrante, sans culotte fendue, sans webcam qui filme tout ça, sans insultes ni coup de fouet, et même sans lumière tamisée.

Un missionnaire dans l’obscurité ouais. Et ptetr même qu’on s’embrassera sur la bouche si on est trop des dingues.

Sur ce, bonne bourre mes amours.

Edit : Pour ceux et celles qui se plaignent de ne plus entendre parler de gode, de chatte et d’autres trucs fort réjouissants dans la même lignée, sachez que ce n’est pas parce que je n’en parle plus ici que je n’en parle pas du tout. Désormais, je la ramène de temps en temps sur le blogami Zone Zéro Gêne.

Posted in Lis des trucsComments (32)

Font chier ces putains de végé !


Ralala, c’est Jack Larsen qui va pas être content en lisant ce post. Et pour cause : j’ai toujours pas repris la viande. Lui qui rêvait de m’inviter à son dîner mensuel des amateurs d’andouillette et de tête de veau, il va être drôlement déçu et il va m’en vouloir de venir lui casser les bonbons avec mes histoires de brocolis. Une chance que je boive encore de la bière, sans ça j’aurais chuté à tout jamais dans son estime.

Mais bon c’est un fait, j’ai pas repris la viande.

Et je vais bien.

Même si je fais souvent des cauchemars dans lesquels je me vois me ruer sur des tranches de jambon blanc et les manger par douzaines en me disant “Mais pourquoi est-ce que je fais ça ?! Pas ma faute, c’est plus fort que moi !“. Et te marre pas steuplé, car faut savoir qu’après ce genre de rêve, je me réveille souvent dans tous mes états : 28 ans de régime omnivore, c’est pire que le Viet Nam, ça vous bousille un homme hein…

Ce qu’il y a de marrant quand tu te convertis au végétarisme, c’est les réactions des gens. ‘fin bon, je dis “marrant” parce que je suis sympa hein, en vérité je devrais reformuler et dire “bien relou”. Moi, je pensais connement que ce genre de trucs, ça laissait les gens indifférents. Genre “Ah tiens, tu manges plus de viande ? Soit“, et puis basta. Mais en fait NOOOOOON, au contraire ! Les gens, je me rends compte qu’ils aiment drôlement bien la ramener avec les végétariens ! Limite ils l’ouvrent plus face à un végétarien que face à un couple échangiste à tendance zoophile, comme si être végétarien, c’était le summum de l’anti-conformisme, le vrai truc de ouf réservé aux tarés mentaux.

Alors d’abord, les gens cherchent à comprendre pourquoi tu es végétarien. Là, la première fois, tu te dis “tant mieux ma foi, discutons, argumentons, partageons, ayons un échange constructif“. Sauf que non, en fait je crois que les gens posent cette question un peu par politesse voire par obligation, alrors qu’au fond, ils s’en foutent royalement et qu’ils vont dans tous les cas péter de rire et se foutre de toi. La réplique culte étant : “Ahaha, alors comme ça tu veux changer les choses, sauver la planète ?! Ah mais t’es trop marrante toi !” suivi du mythique “De toute façon ça sert à rien vu qu’y a quasi personne qui adhère à cette démarche“.  Et allez savoir pourquoi j’ai toujours envie de crever les yeux à tous ces gens qui me balancent l’argument con de la goutte d’eau dans l’océan…

J’aime bien aussi quand les gens te regardent en disant : “Alors tu ne manges plus de viande parce que t’aimes les animaux, c’est ça ?” avant de crouler de rire. Genre c’est vrai, c’est trop marrant une vache à l’abattoir, trop drôle, LOL de LOL hein. J’aime encore plus quand les gens essayent de me convaincre que les animaux “sont comme des coqs en pâte avant d’arriver à l’abattoir” et pas si maltraités que ça, rapport à la législation qui encadre strictement le truc. Oh oui tiens, on rêve tous d’une vie de cochon d’élevage, choyé, dorloté, absolument pas malmenés, et puis finalement dégommés mais paraît que ça fait même pas mal, alors bon…! J’aime aussi les vannes à deux balles du genre “Si Dieu avait voulu qu’on ne mange pas les animaux, ils ne les aurait pas faits aussi bons, HAHAHAHA !”. Je me gausse. Trop marrant. Non en fait tu penses bien, je me gausse pas tant que ça mais j’ai pas mal envie de pleurer. Car je viens de me rendre compte de ce truc de fou : à notre époque, avoir de la compassion pour un être vivant, se préoccuper de la maltraitance animale, c’est une sorte de faiblesse, un truc quasi impensable. Et j’te jure que c’est un fait.

Donc là, au choix, soit t’as un tempérament un peu défaitiste et t’aimes pas trop qu’on se foute de ta gueule, auquel cas tu t’écrases et tu vas prendre un toast au pâté pour te faire oublier, soit t’emmerdes le peuple et t’en as rien à secouer qu’on se foute de toi et qu’on te prenne pour une cinglée, auquel cas tu fais un grand sourire faux-derche qui veut dire “Connard va !“.
Parce que bon, tu vois, moi j’attends rien des gens par rapport à cette question. J’attends pas qu’on me dise “Ouaaaaais, félicitations, t’as sauté le pas, t’es végétarienne, ça c’est bien !“. Mais ce que j’aimerais bien, c’est qu’on ne se sente pas obligé de faire de l’humour de beauf sur ce point ou de se lancer dans des argumentations sans queue ni tête pour essayer de démonter le truc.

- D’abord, il y a les gens qui voient le végétarisme comme une sorte de coquetterie, un truc parfaitement inutile auquel on adhère pour se la péter un peu et faire parler de soi, un effet de mode qui passera, comme tout le reste. Ces gens là s’emploient donc à essayer de te démontrer l’inefficacité et l’inutilité d’une telle démarche, te faisant volontiers passer pour un gros con doublé d’un masochiste qui aime bien s’infliger des privations inutiles :

Ca sert à quoi que t’arrêtes la viande sachant que la plupart des gens en bouffent ?! Ben réponse : ça sert à rien !! T’es en train de te priver pour que dalle” >> Sauf non, il ne faudrait pas que TOUT LE MONDE s’y mette pour que les répercusions soient significatives. Pis même sans ça, je kiffe ce raisonnement de con tiens. C’est comme si on vidait tous notre huile de vidange dans les ruisseaux en se disant qu’après tout, vu le taux de pollution mondiale, on n’est pas à ça près. Ou comme si on se mettait à considérer que vu la proportion de cons dans la population, ça sert à rien de faire preuve de bon sens et de s’efforcer de relever le niveau : autant se rabaisser au niveau des cons tiens, ce sera moins fatigant, pour sûr !

“A quoi ça sert que tu te prives quand on pense aux quantités de viande qui sont jetées tous les jours ! Autant que ça finisse dans ton gosier que dans une poubelle !” >> Ah oui tiens, j’y avais pas pensé. C’est pour ça que je vais me mettre à sniffer toute la cocaïne que je trouverais, parce que ce serait quand même con de la laisser finir dans la poubelle des stup hein. Halte au gaspillage, diantre !

Et puis y a évidemment ceux qui te sortent cet argument que j’adooooooooore, le meilleur argument du monde à mon sens : le cri de la carotte. “Tu ne manges pas de viande car tu es contre la souffrance animale, c’est ça ? Mais alors, qu’est-ce qui te fait dire que la carotte, elle ne souffre pas quand on l’arrache du sol ?! Hein ?!! Après tout, qui peut savoir ?” >> Ben écoute, j’aurais tendance à dire que ‘nayant pas de système nerveux, elle risque pas bien de souffrir mais maintenant, si ça te branche de t’intéresser à la question de la souffrance et du ressenti chez les carottes, fais-toi plaisir hein.

- Y a aussi les gens qui pensent que régime végétarien = régime amaigrissant. Voilà comment je m’en suis pris plein la gueule gratos, d’une part par les gens (comme ma grand-mère) qui pensent que je vais tout simplement en mourir, et d’autre part par ceux qui se sont subitement mis à me considérer comme une anorexique ayant de graves troubles du comportement alimentaire. Rassurez-vous les gars, je ne me fais pas gerber à chaque fois que je mange du chocolat (auquel cas je passerais ma vie à gerber) et je ne fais pas non plus le décompte du nombre de calories que j’ingère quotidiennement. Donc les remarques du genre : “Tiens, madame est végétarienne ! Tu veux perdre un os, c’est ça ?“, vous savez où vous pouvez vous les carrer hein (réponse végétarienne : dans l’oignon, bien sûr !).

- Il y a ceux qui considèrent que ne plus manger de viande revient à ne plus rien manger. Et ces gens-là imaginent les végétariens comme des gens tristounets et drôlement frustrés qui mangent du concombre, des pommes et des graines de courge toute l’année. Ces gens-là excluent donc toute notion de cuisine végétarienne et se jurent de ne jamais venir bouffer chez toi, quoi qu’il arrive, des fois que tu leur fasse l’affront de leur servir de la salade verte en entrée, en plat et en dessert (en même temps ça tombe bien, tu comptais pas les inviter). le jour où tu te pointes avec un gâteau au chocolat qui claque sa chatte, tout le monde te regarde en demandant : “Mais t’étais pas végétarienne ?“, comme si en dehors de la laitue, t’étais pas autorisé à manger quoi que ce soit.

Le summum, c’est au restaurant. Quand le serveur vient prendre ta commande et que t’as le malheur de demander “juste des légumes” ou “rien que des pommes de terre“, le mec te regarde comme si t’allais chez le coiffeur pour te faire couper un demi millimètre de longueur. Genre : “mais à quoi ça te sert d’être là si tu bouffes même pas de Charolais ?!!”. T’as beau la jouer cool et discrète, ne pas trop la ramener, te contenter de commander ton assiette paysanne sans charcuterie, immanquablement, il faut qu’un serveur de regarde de travers en se demandant quel peut bien être ton problème pour que tu commandes ton plat du jour sans viande. Faut croire que ne pas consommer de viande au restau, c’est sacrilège.

En fait en résumé, quand t’es végétarien, t’as l’impression de faire chier tout le monde. Alors que tu demandes rien à personne hein, tu te drive tranquillement, tu t’organises dans ton coin, tu t’adaptes sans rechigner mais malgré tout, ben ça dérange. Les gens cherchent forcément la bizzarerie qui finira par expliquer ce choix saugrenu et concrètement, se mettent à te considérer comme quelqu’un de pas drôle et d’un peu trop bien pensant. J’te jure. Limite tu te fais moins remarqué quand t’es un gros drogué que quand tu décides d’arrêter de bouffer de la viande. Le fumeur de joint, il peut fumer son joint dans son coin sans que personne ne lui fasse un topos sur l’absurdité de ce choix et les répercusions sur la santé. Alors que le végétarien, s’il a le malheur de refuser des saucisses cocktail à l’apéro, direct on lui fait des blagues en le traitant de relou avant de s’aventurer dans des interrogatoires de merde sur le pourquoi de la chose et dans des hypthèses débiles sur les conséquences sur la santé (en vérité je vous le dis, non, on ne meurt pas d’une carence en viande).

Dans les repas de famille par exemple, t’as pas idée de ce que ça peut donner. J’y ai eu droit hier tiens : d’abord, ma mère qui gentiment, me demande ce que je vais bien pouvoir manger et qui ajoute que je suis “pas facile à nourrir“, comme si en dehors de la viande, y avait absolument que dalle à se mettre sous la dent. Puis le frère qui m’accueille par un chaleureux “Salut la bouffeuse de graine” et qui me demande “T’es sûre que c’est vegan ça ??” à chaque fois que je prends un truc sur la table. Et puis le summum, le top du top, mon père (en même temps, tu t’y attendais, avoue hein ?!). mon père qui croit fermement que j’ai adhéré à une secte et qui m’insulte littéralement pour la simple raison que je lui pourris son groove de mangeur de viande. Vois-tu, le fait que je n’ai pas de viande dans mon assiette, ça l’empêche de savourer le sanglier qu’il a dans son assiette à lui. Il trouve le contenu de mon assiette tellement triste que ça lui coupe l’appétit à ce pauvre homme. Et mon père, en tant qu’homme des cavernes version 2010, il aime pas bien qu’on vienne perturber sa bonne humeur quand il fait bombance, aussi ai-je eu droit à un florilège d’insultes ponctué par cette phrase : “Tu nous fais chier ! tu nous fais chier avec tes tatouages, avec ton rock’n'roll de merde, avec tes putains de légumes, t’as qu’à retourner dans ta secte avec tes espèces de sales punks drogués, tu nous fais chier et je vais te déshériter !“. Merci papa, moi aussi je t’aime.

Bref, les végétariens, c’est des bizarres, un point c’est tout. Ben en même temps, si tu savais comme je m’en bats l’oeil vu que dans l’ensemble, j’ai pas eu besoin d’arrêter la viande pour être considérer comme une personne bizarre et guère fréquentable. En même temps, ce qui me fait un peu de peine, c’est de voir que les gens peinent à s’écraser sur le sujet et en deviennent détestable. A la limite, que quelqu’un me dise “Ah oui je comprends, mais moi perso, arrêter la viande, je pourrais pas“, ben soit. Maintenant qu’on vienne se foutre de ma gueule parce que je m’indigne de la maltraitance animale, je trouve ça un peu limite quand même. J’ai pas sombré dans le militantisme pur et dur, j’essaye même pas de convertir les autres au végétarisme, et malgré tout, je me rends comtpe que le tout petit peu de tranquilité qu’on demande à ce niveau là, ben c’est de trop. Manger de la viande, c’est cool. En avoir rien à secouer de la question de la fourrure, c’est cool aussi (genre je suis trop hype et j’assume). Par contre tourner le dos à la viande, ça pue du cul, c’est tout sauf cool. Le monde à l’envers vous dis-je, parfois je peine à suivre…

Bon, pour info, je vais pas me mettre à parler de végétarisme toutes les semaines sur ce blog, rassurez-vous (et là, Jack ldit : “Ben putain j’aime mieux ça !”). En revanche je vais peut-être bien ressusciter feu mon blog cuisine quand j’aurai le temps. Vomme ça, tout le monde il est content. Pis bon allez, pour conclure en beauté et en parfaite harmonie avec l’ambiance de ce blog, finissons sur la bonne vanne graveleuse à laquelle j’ai régulièrement droit désormais : “Ah bon, tu manges plus de viande ? Mais du coup, tu suces plus non plus ?! Parce que bon, le zguègue, c’est de la viande hein. HAHAHAHAHAHAHA !!!“. Oui lecteur, sache-le, les gens sont parfois très très cons. Life is life hein ! (na-naaaa-na-nana)

Posted in Lis des trucsComments (100)

Dieu aime-t-il les pigistes ?


D’après toi, le bon Dieu, il aime les pigistes ou pas ?

Disons que je pose la question parce que là comme ça, j’ai l’impression que personne n’aime les pigistes.

D’abord, les journalistes n’aiment pas les pigistes.

Pire, le journaliste prend un peu le pigiste comme un scribouillard qui n’a pas été assez brillant pour faire une école de journalisme mais qui se prend pour un rédacteur quand même. A croire que celui qui parvient à se faire une petite place dans la rédaction sans être dignement passé par une quelconque formation journalistique serait une sorte d’imposteur. “Concurrence déloyale”, qu’ils disent parfois les journalistes. Limite on accuse le vilain pigiste mange-merde (mange-merde car, faute de thunes, le pigiste accepte souvent des piges fort mal payées, ce à quoi le “vrai” journaliste ne s’abaisserait pas) de voler le pain du gentil journaliste en se bradant à tout va et en écrivant sur les sujets dont personne ne veut.

Mais bon, ça à la rigueur, que le journaliste dénigre les petits rédacteurs qui tentent de gagner leur vie dans leur coin, qu’il les traite de pseudo-journaleux de merde ou que sais-je, passe encore.

Ce qui est drôlement plus agaçant en revanche, c’est de voir le peu de considération que les professionnels ont généralement à l’égard du pigiste.

Déjà, sache que la règle d’or, quand tu es pigiste, es la suivante : en plus de t’excuser d’être arrivé dans la profession un peu par hasard, tu dois te faire à l’idée que tu vas devoir courir après ton fric, tout le temps. Car le pigiste n’est pas assez important, semble-t-il, pour être payé comme il se doit. N’importe quel ouvrier qui fait ses heures à l’usine reçoit sa fiche de paye et son virement en fin de mois, mais le pigiste, non. Le pigiste, s’il ne relance pas ses employeurs 10 fois minimum, jamais il ne voit la couleur de son blé. A croire que c’est une règle d’or dans le milieu : que tu bosses pour un site web, pour une grosse société, pour une petite boîte familiale, pour un magazine, ben quand tu factures tes quelques pauvres piges, tu te demandes si la direction se torche pas avec au lieu de mettre ta facture sur la pile des prestataires à payer.

Alors tu relances une fois, poliment, en t’excusant sincèrement, en disant à quel point tu es navré, et tu ajoutes même que c’est pas grave, que c’est sans doute un oubli de la part du service compta.

Et comme plusieurs semaines après, t’as toujours pa de réponse, tu relances à nouveau, poliment, en demandant où le paiement en est. tu souhaites une bonne journée, tu demandes pardon pour le dérangement, même deux fois pardon parce que t’es rudement poli, pis parce que face au redac chef, toi le rédacteur payé à la pige, t’es rien qu’un tout petit caca.

D’ailleurs c’est là, au bout de la troisième relance que tu prends conscience de ceci : t’es rien qu’une petite merde qui devrait avoir honte d’importuner les gens importants avec ta putain de facture. Merde quoi, tu fais chier avec tes quelques centaines d’euros, enfoiré de pigiste ! Tu peux pas comprendre qu’à la compta, ils ont d’autres gens bien plus importants à payer en priorité, bordel ?!

Ainsi, parfois… non, pas “parfois” mais souvent, quand tu parviens enfin à te faire payer, après un nombre de relances incalculable, tu te fais incendier en bonus. Genre “tu nous casses les couilles avec ta thune, lâche-nous le slobe à nous, les gens bien !”. En gros, on te rappelle jusqu’au bout que tu es un petit larbin, que tu dois t’estimer content qu’on t’ait confié quelques articles et que précisément, tu ferais mieux de manifester un peu plus de reconnaissance au lieu de relancer le service compta pour un malheureux retard de paiement de deux ou trois mois.

Je te jure lecteur, pour le coup, je caricature pas.

Parce que tu sais quoi ? Ben à l’heure où je te parle, pour les divers articles que j’ai écrit de part et d’autres en mai et juin, ben j’ai rien que 800 euros qui se balladent dans la nature. Et pendant que moi je suis à la cave et que j’essaye d’expliquer gentiment à mon banquier et à l’huissier que c’est pas de ma faute si mes employeurs ne m’ont pas payée en temps voulu, ben mes employeurs, ils sont en vacances.

Normal quoi.

Alors d’un côté, t’as ceux qui t’envoient chier en t’expiquant gentiment que là, c’est les vacances, le soleil, la plage, les Cuba Livre et le sudoku sous le parasol, alors que c’est pas le moment de les faire chier, que t’attendras la rentrée pour toucher ton fric.

Genre toi, si tu comptais sur le blé que t’attends depuis plusieurs mois pour te payer ne serait-ce qu’un petit week-end au vert, ben tu peux te brosser. Et compter tes agios en attendant la rentrée, ça t’occuperas tiens.

Y a aussi les employeurs qui n’ont honte de rien et qui t’expliquent qu’ils ne peuvent pas te payer car les caisses sont vides. Genre toi t’as bossé, t’as écrit tout bien comme il faut sans jamais la ramener, t’as fait ton travail et tout rendu en temps voulu, mais au moment d’être payé, en plus d’avoir été un bon élève assidû, va falloir que t’apprennes à faire preuve de compréhension : les caisses sont vides, c’est la déroute, on ne sait pas comment te payer, fais un effort merde, aie un peu pitié si tu peux et comprends-nous !

Et toi, comme t’es trop bonne trop conne, tu comprends. limite tu compatis, tu te dis “oh les pauvres, ils sont fauchés”, alors tu prends sur toi et tant pis si ta note d’huissier est passée du simple au double pour défaut de paiement à la date butoire… c’est pas de sa faute au pauvre employeur.

Sauf qu’un jour, t’apprends que le gentil employeur fauché, il s’est barré en vacances.

Ouais.

Donc on résume : apparemment, ça paraît normal à tous ces gens de ne PAS payer leurs prestataires. parce que c’est JUSTE des pigistes, merde quoi. Et écrire, faut croire que c’est pas vraiment du boulot, ça peut se passer de rémunération, ne serait-ce que dans l’immédiat.

Voilà, je te dis pas comment je suis de bonne humeur.

Je m’excuse depuis des semaines de réclamer ça et là mon propre fric. Je me fais engueuler si je deviens insistante. Et pendant ce temps, tous ces gens importants qui ne sont pas en mesure de me payer sont en vacances et me demandent de ne pas troubler la tranquilité de leur farniente.

T’sais quoi, c’est décidé : les piges, j’arrête. L’écriture, j’arrête. Le blog-qui-me-rapporte-rien, j’arrête peut-être (ou pas, comme d’hab).

Et à la place, je vais me trouver une autre activité.

Non, pas hardeuse, n’insiste pas.

Ni pute. Sauf si t’es millionnaire, impuissant, et prêt à me payer très cher juste pour me regarder toute nute en train de me tripoter les nénés.

N’empêche, j’ai un projet.

Un projet qui déchire sa race. Même que je croise les doigts, que je sers les fesses, et que je songe à sacrifier un chat noir et une vierge pour m’attirer les faveurs des dieux (dommage que la Blonde ne soit plus vierge depuis belle lurette) (Si si, Monsieur le papa de la Blonde, je vous garantis qu’elle n’est plus vierge, y a pas photo).

Et si tout se passe bien, je pourrai faire comme dans la pub des gagnats du Loto et envoyer chier tous ces gens en paradant en slip kangourou avec un masque de poulet sur la tête.

Fuck off.

Edit : Et je te fais grâce de te parler d’Efucking, le champion toutes catégories du foutage de gueule qui me doit du blé depuis 6 mois seulement. Eux, c’est bien simple, avec tout le fric qu’ils doivent à leurs prestataires, ils ont de quoi se payer des yachts, des putes et de la coke pendant tout l’été. Et il leur restera encore assez de thune pour ramener un collier coquillages en souvenir.

Posted in Lis des trucsComments (0)

C’est pas moi la méchante, c’est les autres


Mon père il dit que j’ai la gueule avant les dents.

Cherche pas, c’est une expression à lui.

Mais grosso modo, ça signifie que ma gueule, elle est fort grande. Et pas toujours très aimable. Et toujours disposée à la ramener avec une facilité et une spontanéité déconcertante.

En gros, je suis une grande gueule, je crois que c’est ça qu’il veut dire, la père. En même temps, les chiens ne font pas des chats, comme dirait l’autre. Et par exemple, quand mon père te dit qu’il s’est engueulé avec son boss et l’a traité de tête d’enculé, tu peux être sûr et certain que c’est pas pour se la raconter ou pour amuser la galerie, c’est qu’il a textuellement prononcé les mots “tête d’enculé” à l’encontre de la personne concernée. Moi je dis : respect.

Ben moi, c’est tout pareil. Quand quelqu’un me fait chier, je le lui dis tout de go : “Tu me fais chier”. C’est pas bien compliqué. Et c’est justement parce que c’est pas bien compliqué que ça pose un problème aux gens en général. Parce que tout le monde aimerait bien gérer les choses aussi simplement, dire au con que c’est un con, dire au trop bavard de fermer sa gueule cinq minutes et dire à la copine de son pote qu’on l’aime pas parce qu’elle sait pas rire. Sauf que neuf fois sur dix, chacun préfère se taire et ne surtout rien dire. Why not. Et du coup, la grande gueule qui tend à la ramener spontanément et à appeler un chat un chat, sans s’encombrer de pincettes, ben la grande gueule elle passe pour une méchante personne. Ouais, rien que ça. “La pauvre”, j’ai envie de dire.

On lui dit que haaan, c’est tout de même pas sympa d’envoyer chier les gens comme ça, même si au final ça  arrange bien tout le monde. On lui dit que c’est pas très poli et surtout pas très correct de se comporter comme ça, qu’il faut savoir faire des efforts et accepter son prochain. Et bref, pour résumer, la grande gueule passe toujours pour une personne abjecte, pas foutue de se bien se tenir en société.

Ok.

Soit.

Alors moi maintenant, je vais t’exposer la chose autrement et te demander qui est le plus abject des deux :

Celui qui dit clairement à son prochain “tu me fais chier, je peux pas t’encadrer” ou celui qui est toujours souriant et bienveillant envers son prochain mais qui à la première occasion, lui taille un costard dans le dos ?

C’est marrant ça hein, mais quand tu te retrouves à un repas et que t’as le malheur de remettre en place quelqu’un ouvertement, tout le monde plonge directement son nez dans son assiette en se jetant des regards de travers, façon de dire “Nan mais c’est quoi c’te meuf, t’as vu comme elle lui parle ?!“. En revanche, quand le quelqu’un quitte la table et que tout le monde s’empresse de commenter à voix basse son gros cul, la façon dont il se tient à table ou que sais-je encore, en ricanant jusqu’à son retour avant de faire comme si de rien n’était, ben ça, ça a l’air de ne déranger personne. Pire, ça semble normal. Et ce sont ces personnes là qui se croient en mesure de pouvoir te donner des leçons de savoir vivre et juger ta façon de t’adresser aux autres ; non mais je rêve ma parole, y a des fois où des claques dans la gueule se perdent. Normal qu’elles se perdent, la claque dans la gueule, c’est pas très sexy en société alors que le ricanement mesquin, c’est déjà beaucoup plus trendy.

Ceci dit, la grande gueule, même si on aime bien la critiquer en douce parce que c’est pas joli de parler fort et de dire aux gens ce qu’on pense d’eux, même si on se dit que oh my god jamaaaaais on ne se comportera de la sorte, que c’est beaucoup trop moche et méchant de dire aux gens leurs quatre vérités comme ça, ben malgré tout ça, la grande gueule, on lui trouve toujours une certaine utilité. Car on sait que la grande gueule, en plus de pas être très glamour, elle est brave et elle fait dans le bénévolat. “Mon mec s’est barré avec sa secrétaire. Quand tu le verras, tu voudras bien lui dire que c’est qu’un gros enculé et que sa grosse, elle est même pas bonne ?! Pis tu mettras le paquet pour bien l’humilier surtout, qu’il s’en rappelle hein !“. “Cette fille, je peux pas la blairer. Mais j’ai rendez-vous avec elle pour faire du shopping cet aprèm, j’ai pas osé lui dire non. Ceci dit, quand tu la croiseras au boulot, tu voudras pas te foutre de sa gueule histoire de lui rabattre un peu son caquet à c’te conne ?!!“.

Hé ouais, voilà, c’est ce que j’appelle le syndrome de la petite bite. Qui s’applique aussi et surtout aux femmes, je vous rassure. Ca consiste à ne pas approuver l’excès de franchise qui peut atteindre les gens tout en préférant se la jouer tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, et tout le monde il est trop con pour s’apercevoir que je suis fourbe et pas très vaillant. Et ainsi, la petite bite se complait dans son rôle de gentil qui ne contrarie jamais les gens, tout en s’en donnant à coeur joie par derrière (sans allusion sexuelle aucune), estimant qu’il n’y a décidément rien de plus jouissif que de casser du sucre sur le dos des gens sans jamais laisser paraître quoi que ce soit de visu. Et parallèlement à ça, la petite bite bien malhonnête aime descendre littéralement la grande gueule qui elle, commet l’erreur de dire les choses comme elle les pense.

Alors au final, c’est qui la méchante, la petite bite ou la grande gueule ? Personnellement, je vote pour la petite bite. Et crois-moi, en tant normal, c’est pas mon genre de voter pour les petites bites hein…

Posted in Lis des trucsComments (0)

Foufoune vs Quéquette : c’est pas gagné…


Ceci n’est pas un article féministe, qu’on se le dise. Parce que franchement, tu me vois, moi, faire dans le féminisme, alors que je suis la première à dire que le foot féminin, ça le fait pas du tout, et à admettre que les hommes sont vachement plus doués que les femmes pour le créneau ?!

Ceci étant dit, laisse-moi malgré tout te parler de l’inégalité des sexes. Et quand je dis “sexes”, je parle des sexes en tant que tels hein, des parties génitales quoi, pas de toute la personne qui englobe ledit sexe en question. Non non, aujourd’hui on va parler rien que des sexes, des sexes d’hommes, des sexes de femmes, des zizis, des bites, des chattes et des foufounes, rien que ça. Et de l’inégalité manifeste dont sont victimes les pauvres chattes par rapport à leurs homologues phalliques, parfaitement m’sieurs dames.

Bon, évidemment, loin de moi l’idée de te prendre pour un con et de te faire un topos pour t’expliquer ô combien le sexe de la femme est différent de celui de l’homme du point de vue de l’anatomie, de la reproduction et de la manière de pisser. Non lecteur, toi venir sur ce blog donc toi lecteur intelligent, pas besoin de s’attarder sur ce genre de propos et tant pis si je perds une occasion de booster mon référencement en cumulant des termes médicaux très prisés des doctinautes et très nombreux autres internautes hypocondriaques.

Donc, venons-en au fait : t’as déjà remarqué à quel point la foufoune avait mauvaise réputation ?

La bite elle, elle n’a guère de problème avec son image. La bite est majestueuse, virile, elle a le droit d’être velue et de sentir le mâle. Pas la chatte. La chatte, elle a pas le droit d’être chatte. La chatte, elle a pas le droit d’être poilue, la chatte elle pue. Ca, c’est pas moi qui l’affirme, c’est la société qui me l’a expliqué. Et c’est pas compliqué de s’en rendre compte, suffit de traîner un peu dans les rayons de ton supermarché.

Allez hop, direction le rayon hygiène féminine. Parce que bah oui, les femmes ont leurs ragnagnas et les hommes peuvent se féliciter de ne pas avoir d’équivalent dans le genre. Par conséquent, les femmes ont droit à un rayon hygiène rien que pour elles afin de gérer ce mauvais sang comme elles l’entendent (serviettes, tampons ou coques à chatte dont mes copines sont adeptes). Seulement si tu mates ce rayon de plus près, tu te rends compte qu’il ne s’agit pas seulement de t’offrir une solution à tes périodes menstruelles, loin de là. Désormais, un tiers des produits d’hygiène féminine visent à rendre ta chatte un peu moins chatte mais un peu plus présentable.Je m’explique :

Par exemple mate les protège slip. Toi le mâle ignard, sache que ce n’est pas destiné à être utilisé pendant les règles ou alors faudrait en changer tous les quarts d’heure tellement c’est pas épais ces trucs. Alors les protège slips, il servent à quoi ? Ben comme leur nom l’indique, à protéger ton slip. Oui mais de quoi ? Réponse : de l’immonde foufoune. Parce qu’une chatte mouillée, une chatte qui sent la vraie chatte ou une chatte visqueuse (fais pas genre t’es pas au courant hein… oui, y en a des visqueuses), semblerait que ce soit sacrilège de la mettre en contact avec une culotte en dentelle fine. Ou une culotte tout court d’ailleurs. En somme, la bite a le droit de coller à un caleçon mais la chatte, on lui déconseille carrément d’être en contact avec le tissu tellement elle est pas propre par nature.

Perso, ça me sidère.

Pire encore, y a désormais la gamme hygiène et fraîcheur intime. Fini les zézettes qui sentent la zézettes hein, désormais, faut que ça sente la lingette, faut que ça sente le désinfectant et la fleur de nymphéa, faut que ce soit clean comme une fesse de bébé. T’as plus le droit d’aller pisser sans être munie de ton mini paquet de lingettes de voyages et ta chatte, désormais, elle a intérêt à être a-sep-ti-sée. Bientôt la gamme s’enrichira d’un déodorant spécial fouf, à bille ou en spray (perso je le préfèrerais à bille quoi, histoire que ce soit au moins sympa à appliquer), pour que ton minou sente le verger en fleur ou la fraîcheur des cascades. Mais faut pas qu’il sente le minou hein, ça jamais.

Mais des rayons hygiène masculine, t’en as déjà vu ? Si nous on a droit aux slogans qui tuent du genre “Pour être fraîche en toute circonstance”, t’as déjà lu un truc du genre “Pour avoir les bonbons frais comme au premier jour” ?! Hein ?!! Evidemment non. Car comme je te l’ai dit, la bite elle a le droit de sentir la bite, elle est pas obligée de se parer de senteurs de fleurs et de se noyer dans des lotions hydratantes au PH neutre.

Et les poils, parlons-en des poils. Les hommes, ils ont le droit d’être velus, c’est même conseillé. Les hommes, on leur demande pas de s’épiler le maillot et si la toison dépasse un tantinet du slip de bain, ça fait juste mâle quoi, c’est viril, c’est normal. L’homme, il a le droit d’avoir des poils du nombril jusqu’au trou du cul, on lui dit rien. Pas la femme. La femme, on est OK pour qu’elle conserve quelques poils si l’épilation intégrale la perturbe, mais pas trop quand même hein. Alors on crée des tendances : tickets de metro, épilation en triangle… Parce que la chatte en tant que telle, faut croire qu’elle est pas belle ; alors elle est obligée de se déguiser, d’aller chez le coiffeur et de se parfumer pour être un minimum présentable. Et désormais, les filles qui optent pour la version “nature” et qui restent attachées à leur touffe comme une ado à son premier doudou, elles passent pour des sortes de freaks, des pas normales quoi, des pas saines ou des qui se laissent aller. Et puis c’est bien simple, va donc faire un tour au sex shop du coin et attarde-toi au rayon DVD. Hé oui, ça te trouera le cul de constater que de nos jours, les filles au minou coiffé façon aisselle de Catherine Ringer sont reléguées au rayon “bizzareries”, à côté des DVD de naines gang-banguées et de trips scatologiques. Tu trouves ça normal toi ?

Sérieux, pourquoi est-ce qu’on fait tout ce cirque autour des minous alors que tout ce qu’ils veulent, ces petits animaux fragiles, c’est vivreuh, et si possible vivre en paix comme messieurs les zizis sans avoir forcément besoin de s’excuser d’être poilus et de ne pas sentir naturellement la fleur de jasmin. Y a pas de justice, j’vous l’dis.

Posted in Lis des trucsComments (1)

Il a bon dos le second degré


C’est quand même fou que sur ce blog, j’en vienne régulièrement à refaire le point sur l’état du second degré dans la blogosphère. Mais voilà, moi aussi j’ai envie de me prendre pour une blogueuse modeuse et de la ramener sur les tendances actuelles, sauf que ne connaissant foutrement rien aux tendances mode et beauté (c’est pas donné à tout le monde de s’habiller vintage 5O’s pour pas un rond sur Ebay et de ne pas maîtriser le regard smocky malgré de longues années d’entraînement), le seul truc sur lequel je peux à peu près la ramener sans trop me tromper, c’est peut-être bien la blogosphère. Parce qu’air de rien mon gars, la blogosphère, je l’observe, je l’épie, je l’autopsie à l’occasion, je joue au Docteur Maboule avec elle, essayant de piger son fonctionnement et ses subtilités, de cerner son mode d’emploi, ses ruses, ses habitudes et également ses tendances passagères ou non.

Ben autant dire que sur la blogo, le second degré a le vent en poupe. Fini les blogs trop sérieux ou solennels, la tendance est définitivement au foutage de gueule à tout va et le blogueur use et abuse volontiers du second degré, parce que le côté trashy décalé, paraît que c”est vendeur et que ça plaît au lectorat. Mais bon, après, le second degré, tu maîtrises ou tu maîtrises pas : y en a qui vont te pondre des chefs d’oeuvre d’humour noir, te faire du billet décalé à te faire pisser de rire dans ton string, te lancer des concepts de blogs qu’ont rien à voir mais pour lesquels je dis chapeau, pis y a les autres. Les autres, on peut les ranger en deux catégories :

- ceux qui essayent désespérément de dompter le second degré mais qui n’y parviendront jamais  (pleure pas, ça arrive hein)
- ceux qui ont pigé que le second degré leur permettait de dire toutes les conneries et énormités du monde sans trop se mouiller

Et ceux-là, ils m’énervent.

j’ai juste envie de leur taper gentiment dans leur petite gueule. Gentiment hein, genre une pichnette, pour leur remettre la tête en place. Et un tirage de cheveux intempestif si le blogueur est une blogueuse aux cheveux longs (non, je ne tire jamais les cheveux des mecs aux cheveux longs, le cri qui s’en suit étant généralement nettement moins jouissif que celui d’une pouffe contrariée). Parce que le second degré, avoue qu’y a quand même des fois où il a sacrément bon dos…

Au nom du second degré, t’as subitement le droit de t’égarer, de faire des remarques ou des commentaires plus que douteux qui, de prime abord, peuvent passer pour un simple maladresse, banale ou pas. Mais l’auteur de ladite boulette, jamaaaaaais de la vie il admettra qu’il aurait pas dû dire ça, qu’il aurait mieux fait de pas employer cette expression douteuse ou faire cette comparaison contestable, non non, lui vivant, même pas en rêve il admettra avoir légèrement déconné. Au lieu de ça, il va te répondre sournoisement, et sans conviction aucune  mais ça il s’en tamponne (note que ce blogueur là n’a généralement pas de dignité ou si peu) : “Naaaan mais attends, t’y comprends rien toi ! C’est du second degré quoi !“. Voire pire : “Pas de ma faute à moi si t’es pas capable de piger le second degré“.

Et ouais, en vérité, je crois que c’est ce dernier point qui m’énerve plus que tout : le blogueur qui met désespérément en avant le second degré comme une sorte de bouclier derrière lequel il est à peu près sûr de pas se prendre de mandale, non seulement il est d’une mauvaise foi à gerber mais en plus, il te prend pour un con, et royalement. Le con dans l’histoire, le maladroit, celui qui a dit un truc qu’il aurait ptetr pas dû dire, c’est certainement pas lui, lui il est over clean, il sait ce qu’il dit et il assume (et ta soeur, elle assume ?). En fait le sombre con, c’est toi : tellement t’es bête, tu sais même pas reconnaître le second degré quoi, tu t’rends compte ?!

Alors voilà, les vannes homophobes qui en font frémir certains, c’est pas des allusions douteuses ou des maladresses, c’est du second degré. Le foutage de gueule gratuit et méchant, ça aussi c’est du second degré : bah oui, le second degré il est bien utile quand tu te retrouves avec la moitié de la blogo aux trousses et qu’il est l’heure de régler ses comptes. En bref, le second degré il a bon dos quand il est question de revenir sur ce qu’on a dit sans avoir les couilles de l’assumer, de faire des excuses (ce qui n’a parfois certes pas lieu d’être mais qui, dans certaines situations, serait la moindre des choses) ou d’admettre une boulette. Désormais, c’est bien simple, tu peux traiter n’importe quelle blogueuse de grosse pouffe écervelée et l’inviter à bouffer des macarons chez toi deux jours après au nom du second degré : “T’as évidemment compris chérie que je ne me foutais PAS de ta gueule ! Quand j’ai écrit sur mon blog que le seul mot à sept lettres que t’étais capable d’épeler correctement c’était “mascara”, et que t’étais prête à sucer toutes les queues du pays en échange d’échantillons Lancôme, c’était juste pour rire quoi, c’était EVIDEMMENT du second degré !“. Ouais, tu parles…

Bref, tout ça pour dire que le second degré, tout le monde il a pas bien pigé en quoi ça consistait. Et moi-même, j’ai souvenir d’avoir pondu un ou deux billets sur le sujet pour tenter d’expliquer la chose mais à bien y réfléchir et comme me l’avait fait remarqué un lecteur, justifier le second degré c’est tuer le second degré, alors ouais, peut-être bien que ce jour-là j’aurais mieux fait de fermer ma gueule après tout. Et de laisser certains lécteurs pas très futés croire que j’allais appeler mon gosse Rambo pour de bon et qu’en vrai de vrai, je me trouvais effectivement aussi bonne que Gisele Bundhcen (petite parenthèse… là tu te marres, tu crois que je fais de l’humour gratos mais je te jure que le concept même de second degré en dépasse plus d’un et que cela m’amène à recevoir régulièrement ce genre de mails :”Tu vas l’appeler Rambo pour de vrai ton fils ou c’est juste pour rire ?“, “Tu trouves pas que tu te la pètes quand tu dis que t’es trop bonne ? T’es pas si bonne que ça d’après tes photos, t’as un peu la grosse tête quand même” voire “Est-ce que c’est vrai ces histoires de lesbiennage avec d’autres copines blogueuses quand tu vas à Paris”… évidemment que c’est vrai, tocard…). Donc voilà, pour conclure, disons que le second degré, tout le monde n’a pas forcément pigé quand et comment l’utiliser mais par contre, tout le monde a bien pigé qu’il a bon dos ce vieux second degré, que désormais, plus besoin d’assumer quoi que ce soit, qu’on peut se permettre de dire à peu près tout ou n’importe quoi au nom du second degré, qu’il suffit de brandir la carte “second degré” comme on sortirait un carton rouge pour mettre fin aux coups de gueule et autres mésententes parmi ses lecteurs.

Tu vois lecteur, aujourd’hui j’ai réussi à détourner mon attention de mon utérus pour réfléchir à autre chose. Who putain, c’est merveilleux.

Sur ce je te laisse, y a Jamie qui explique comment on fabrique les bonbons à la télé…

Posted in Lis des trucsComments (1)

Ces trucs qui nous facilitent la vie (ou : sommes-nous une génération d’empotés)


Au commencement, Dieu créa la pomme de terre.

L’homme la femme dut alors l’éplucher, la rincer et la faire cuire avant de pouvoir la consommer. Ils (la femme qui s’était tapé tout le boulot et l’homme qui avait déjà pigé que ce serait une bonne idée de mettre en tête à sa gonzesse que la cuisine était le labeur des femelles) la goutèrent et ils trouvèrent cela bon. Ils aimèrent tellement cela qu’ils ne cessèrent de la perfectionner au cours des siècles…

Depuis, les hommes créèrent la pomme de terre précuite emballée sous vide. Ils la balancent désormais dans un micro-ondes (qui reste l’une des plus belles inventions de l’humanité) pour apprécier sa saveur approximative de vraie pomme de terre.

patate

Au commencement, Dieu créa le haricot vert.

La femme (et oui, toujours elle) l’équeuta, le rinça, le mit à cuire et le savoura avec son homme qui de son côté, ne voulut pas partager le gigot de mammouth, considérant que la viande était réservée aux vaillants chasseurs. Ils trouvèrent cela si bon, avec ou sans gigot, qu’ils ne cessèrent dès lors de le perfectionner.

Depuis, les hommes créèrent la boîte de conserve pour consommer des haricots verts-plus-si-verts à loisir tout en se passant de la corvée d’équeutage et de la cuisson à l’eau un peu lente. Et comme les hommes devinrent très très fainéants futés, ils se surpassèrent en mettant au point la boîte de conserve à ouverture facile, celle qui s’ouvre sans ouvre-boîte. Car à force de réfléchir au perfectionnement du conditionnement du haricot vert, l’homme devint si obsédé par la chose qu’il ne put employer son énergie à quoi que ce fut d’autre, y compris à l’ouverture compliquée d’une boîte de conserve.

haricots

Et puis un tout petit peu après le commencement, Dieu créa la lessive. Sans dec’ hein, c’est écrit dans le tout nouveau testament, dans le livre de Ringo. Hé oui, l’Homme et la Femme s’étant mis dans le crâne que vivre à poil c’était pas assez hype, il se confectionnèrent des vêtements qu’il fallut laver, aussi Dieu leur offrit-il la lessive afin de pourvoir à leur bonheur.

La femme (tu penses), se familiarisa avec la lessive en poudre et trouva cela si bien que dans les siècles qui suivirent, l’humanité mit au point la lessive liquide, encore plus mieux que son ancêtre. Et puis plus tard, obnubilé par la lessive salvatrice, les hommes décidèrent de rendre son utilisation plus aisée en créant la lessive en tablette, puis la lessive liquide en berlingot : plus besoin de doser sa lessive liquide ou en poudre, il suffisait désormais de balancer le petit objet ainsi obtenu dans le tambour de sa machine, même les hommes y parvinrent tout seuls. Et puis pour finir, les hommes passèrent tant de temps à cogiter sur le perfectionnement de la lessive qu’il n’eurent plus le temps de laver leur linge, pas même de sortir la tablette de lessive de son sachet pour la jeter dans le tambour de la machine. Alors les hommes allèrent encore plus loin et révolutionnèrent la lessive en créant la tablette dans un sachet soluble : il ne restait plus désormais qu’à balancer le tout dans la machine sans avoir besoin d’enlever le sachet protecteur.

lessive

Alors, question : d’après toi, on est une génération de petits génies qui ne cesse d’innover dans tous les domaines afin d’améliorer le quotidien de tous, ou bien juste une génération de gros assistés même plus foutus de doser sa lessive toute seule ? Non mais sérieux hein, je m’interroge, car autant je veux bien admettre que les patates dégueu sous vides sont bien utiles à la working girl surbookée qui n’a pas que ça à foutre que d’éplucher des pommes de terre en rentrant du bureau, autant je me demande à quel point faut être fainénat ou débile (ou les deux) pour pas être foutu de virer l’emballage plastique qui contient le cube de lessive.

Hé oui, comme tu le vois, je suis torturée par des questions follement existentielles.

Posted in Lis des trucsComments (0)

La presse girly pour ado : comment s’auto-torturer conformément aux conseils beauté


Vu mon grand âge (oui ça y est, depuis que j’ai 27 ans je me considèrerais presque comme une vieille dame), tu penses bien que ça fait un bail que j’ai pas fourré mon nez dans la presse pour ado. Du coup, j’imagine qu’en quinze ans de temps, le secteur à évolué un minimum et que le contenu douteux de l’époque s’est nettement amélioré. Car dans le genre “tu es une ado mal dans ta peau et je vais t’aider à te sentir encore plus naze“, la presse girly pour adolescente était sans doute tout en haut du podium, après les mères et les psychologues scolaires (ça va euh, je rigole).

Moi quand j’étais collégienne, avec mes copines, je lisais “Jeune et Jolie“. Jeune et jolie… rien qu’au titre, t’as tout compris. Et quand j’y repense, je me demande franchement comment on peut délibérément payer pour un magazine qui s’appelle Jeune et Jolie, sérieusement. Bref, pour que tu piges l’absurdité du truc, faut quand même situer un minimum :

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la grande majorité des lectrices de Jeune et Jolie de l’époque était certes jeunes. Mais le drame, c’est que ceci était hélas le seul point commun qu’elles avaient avec le titre de ce magazine in-con-tour-nable de la cour de récré (même qu’on le lisait sous le préau à côté des chiottes des filles, là où les plus rebelles osaient se planquer pour fumer ou pour graver le nom de leurs namoureux sur les portes en bois). Moi par exemple, je continue à considérer ma période collégienne comme mes années les plus ingrates, physiquement parlant. Déjà quand t’es ado, voire pré-ado, que t’as pas encore atteint les seize ou dix sept ans qui feront de toi un prototype de femme officiel, que t’es la quasi-dernière de ta classe à pas encore avoir eu ses premières règles, que t’es plate comme une limande et sappée comme l’as de pique, ben on peut pas dire que tu partes franchement bien dans ta course à l’estime de soi et à la féminité. Parfumée avec Une touche de Naf Naf, avec une mèche de cheveux rigidifiée par un demi litre de laque Graffic Fix’n'Moove, un vestige de mini vagues sur les longueurs, un appareil dentaire aux bagues en céramique qui se voient quand même et des fringues LC Waïkiki qui font mal aux yeux, ben disons que quand tu ressembles à ça à treize ans, tu mises tout, j’ai bien dit TOUT sur Jeune et Jolie pour te sortir de cet enfer.

Car Jeune et Jolie, puis 20 ans, le magazine que tu lis au lycée quand tu estimes ne plus être une gamine avoir pris du galon dans ta transformation en vraie femme, à cet âge-là c’est LA bible des conseils mode et beauté. C’est bien simple, si c’est pas dans Jeune et Jolie, c’est pas valable. Et tout ce que Jeune et Jolie te dit, c’est parole d’évangile, Jeune et Jolie n’a pas le droit de mentir. Et puis toi d’ailleurs, t’as décidé de croire dur comme fer à tout ce qui était dit dans Jeune et Jolie depuis que t’as envoyé l’empreinte de tes lèvres sur un mouchoir en papier à la rubrique voyance de Jeune et Jolie et que leur medium officielle t’as promis amour, gloire et beauté.

Bref, un mag de fille sans rubrique mode et beauté, ça n’existe pas et du coup tu trouves rien de très étonnant à ce que je vienne te parler de ça. Surtout que, me connaissant un peu désormais, tu sais bien que la mode et la beauté, c’est pas franchement mon domaine. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que si Elle et Cosmo s’adressent à de vraies femmes, sous entendu des femmes qui ont de la thune ou un mari qui les gâte, Jeune et Jolie ne peut pas se permettre de prodiguer des conseils mode et beauté très coûteux. Ben oui, une ado de quatorze ans ne va pas se payer des séances hebdomadaires de Power Plate pour combattre sa culotte de cheval, ni investir dans une crème Dior tellement chère que t’oses à peine t’en servir, ni s’offrir une séance dans un spa parisien pour avoir une peau de bébé. Non, l’ado elle a que dalle ou presque, 100 francs d’argent de poche par mois tout au plus (mon Dieu, dire que j’ai connu l’époque des francs… mes petits enfants voudront jamais les croire !) et c’est pas avec ça qu’elle va se faire une tronche en institut ou combattre ses capitons incrustés à la salle de gym. Du coup, pour contrer cette cruelle absence de thune, Jeune et Jolie était obligé de prodiguer des conseils beauté accessibles. Seulement le truc, le problème même, c’est que les conseils “accessibles” sont nettement moins marrants que les conseils de Elle qui promettent de te chouchouter et de prendre voluptueusement soin de toi. Hé ouais, Jeune et Jolie, c’est du système D et qui dit système D ne dit pas forcément confort et plaisir.

Concrêtement, les conseils beauté de Jeune et Jolie, c’était une sorte de mini-torture au quotidien, des trucs que tu t’infligeais volontairement, juste parce que Jeune et Jolie avait réussi à te convaincre qu’à moyen terme, ça allait faire de toi une bombasse. Exemples :

- Ton teint est terne ? Ta peau est visiblement fatiguée ? No problemo, offre-toi un masque à l’oeuf ! Mode d’emploi : casse un oeuf dans un bol (jusque là, même toi tu peux le faire) et à l’aide d’un pinceau (emprunté au cours d’Art plastiques si t’as pas les moyens de t’en payer un), appliuque l’oeuf sur ton visage, laisse sécher et rince. Wahou, trop bien, ta peau est douce comme un cul de bébé, c’est quasi magique et tant pis si ça pue l’oeuf dans ta salle de bains à t’en filer la gerbe !

- Tes cheveux sont dévitalisés, fatigués ? Toi, tu as besoin d’un bon rinçage au vinaigre ou à la bière, au choix ! Mais attention, la bière, tu n’as pas le droit de la boire, c’est réservé aux grandes personnes. opte donc plutôt pour le vinaigre, lui tu peux le boire sans problème si le coeur t’en dit, en plus c’est excellent pour combattre la cellulite ! Avec cette astuce beauté, tu verras, tes cheveux seront beaux et brillants  et le vinaigre, ça sent même pas mauvais !

- Tes cheveux sont trop foncés et tu n’as pas les moyens de te payer un balayage au salon de coiffure ? Opte donc pour la solution miracle “citron power”. Applique chaque jour le zeste d’un demi citron sur l’ensemble de ta chevelure et au bout de six mois quelques temps, tu constateras que tes cheveux seront embellis de mèches éclaicies qui illumineront ta chevelure. Et ne crois pas ce qu’on te dit : le citron, ça pique ni les yeux ni les doigts écorchés par les cours de techno.

- Tu veux garder des seins fermes et toniques ? Ne dors jamais sur le ventre, même si tu aimes ça : ça les aplatit chérie.

- Tu trouves que tu as pris du ventre ? Renonce définitivement aux chewing gum, ça provoque de l’aérophagie. Même aux Freedent sans sucre qui font passer le goût de la tambouille de la cantine, gare à l’A-E-RO-PHA-GIE !!

- Tu veux avoir une chevelure de rêve comme Cindy Crawford ? Dis adieu au sèche cheveux : la chaleur déssèche les longueurs. Exit aussi le séchage dans la serviette : en frottant tes cheveux dans une serviette, tu ruines ta fibre capillaire et le lissage de tes cheveux. Comment faire alors ? Et bien promène-toi pendant une heure avec les cheveux trempés jusqu’à ce qu’ils sèchent tout seul, c’est l’unique solution pour avoir des cheveux de bonnasse.

Ce ne sont que quelques exemples parmi un bon milliard d’autres. Juste de quoi te donner un aperçu de ce à quoi Jeune et Jolie te poussait au nom de la beauté : suis les conseils de Jeune et Jolie, vis dans l’inconfort perpétuel, la frustration et la mauvaise odeur, et peut-être qu’à la fin, tu seras toute bonne. Sur ce, je file acheter le dernier hors série de Vieille et pas tout à fait bonne, paraît qu’ils expliquent comment recycler le tiramisu de la veille en masque hydratant pour peaux sèches.

Posted in Lis des trucsComments (0)

Chacun mon tour ! (ou : les vieilles dames qui aboient)


Personne n’aime faire la queue dans les supermarchés ni nulle part d’ailleurs. En même temps, bien que certaines statistiques estiment à plusieurs années le temps total passé par un individu dans les files d’attente diverses, t’es bien obligé de faire la queue, que tu le veuilles ou non. Le truc c’est que si tout le monde se faisait à cette idée et prenait la chose avec philosophie (genre moi, je profite de ce temps perdu pour tenter de répondre à des questions existentielles et/ou fondamentales comme “Pourquoi dit-on “jambon blanc” et non “jambon rose” ou encore “Pourquoi parle-t-on de “fruits de mer” et non pas d’”animaux de mer” ou de “viande de mer” voire de “nourriture de mer”"… Ah ouais, dans mon cerveau c’est la méga fiesta constante, j’te l’fais pas dire), ça faciliterait grandement les choses : chacun attendrait son tour sans broncher, parce qu’y a pas le choix après tout. Sauf que dans la réalité, dans la réalité vraie même, ça se passe jamais de la vie comme ça, tu penses. Dans la vraie vie, tu dois subir le con qui soupire toutes les trois secondes en pensant que ça va accélérer le mouvement, celui qui fait semblant de pas t’avoir vu et qui te passes devant allègrement, celui qui insulte la caissière qui n’est décidément qu’une bonne à rien payée à rien foutre, celui qui t’engueule parce que c’est son tour à lui et que toi, tu monopolises la caisse huit secondes de trop en voulant ranger ta carte bancaire, et puis aussi, y a celui qui te demande de lui céder sa place, plus ou moins poliment, et qui aime pas bien que tu lui refuses cette faveur quand bien même ton caddie est deux fois moins fourni que le sien. Et bien aujoud’hui, j’ai eu droit à un spécimen de cette dernière catégorie…

Evidemment, il s’agissait d’une vieille dame. Alors qu’on soit d’accord, je ne suis pas gérontophobe, d’ailleurs moi j’aime bien les vieilles personnes (sauf peut-être celles qui puent) et j’aime particulièrement les vieilles dames qui se parfument à l’eau de Cologne ambrée, se dessinent les sourcils au crayon khôl et ont les cheveux gris/violet. Non mais sans rire hein, j’ai une sorte de sympathie pour les vieilles dames, pour celles qui donnent du pain aux pigeons, celles qui te racontent leur vie à la première occasion, celles qui viennent vers toi juste pour te dire que tu as de biens beaux enfants (quand j’te l’dis qui sont beaux mes bébés) et pour te souhaiter une bonne journée, celles qui font leurs courses avec un caddie à carreaux (moins tendance que mon caddie turquoise que j’assume à donf, soit dit en passant), et puis celles qui boivent une bière en terrasse quand il fait beau. Bref, moi, j’aime bien les vieilles dames. Mais ceci dit, oseras-tu me contredire si je souligne la fâcheuse tendance qu’ont les vieilles dames à resquiller des places dans les files d’attente et à faire valoir leur statut de senior pour mieux revendiquer ce droit à passer avant tout le monde ? Eh ouais, qu’on le veuille ou non, parmi les individus appartenant aux catégories précedemment citées, parmi ces impatients bourrés de mauvaise foi, les mamies ont sans doute la palme. Petit résumé de l’épisode du jour :

17 h. Heure de sortie des bureaux, je te l’accorde. Heure de sortie des cours où les étudiants courent acheter leur Bolino et leur bouteille de Fanta, où les mamans pressées chopent une tarte Marie et quelques bricoles, où les pas organisés comme moi font le tour des rayons en quête d’une idée repas pas cher, où les fauchés comme moi comparent les prix parce que d’nos jours 1 euro c’est 1 euro ma bonne dame, bref, c’est l’heure où ça se bouscule. Mais le truc c’est qu’en te pointant à cette heure là, t’es censé le savoir et prendre ton mal en patience quand tu te retrouves dans une file d’attente de trois kilomètres douze.

Eve, dans la file avec : des poireaux, de la crème fraîche, des oeufs, une pâte brisée, de l’emmental râpé et des lingettes pour le cul de bébé (note à quel point il est fascinant d’analyser le panier de courses d’une personne : voilà, désormais tu sais que ce soir, c’est tarte aux poireaux chez la Eve, pis tu sais aussi qu’Eve est une grosse faignasse pas foutue de faire sa propre pâte brisée, et évidemment que son bébé est toujours en mode “usine à merde”, ce qui nécessite une surconsommation de lingettes). Derrière elle, une mamie impatiente affublée d’un filet d’orange, d’un paquet de chips, de bonbons Ricola, d’un camembert, d’une savonnette et d’un paquet de pain de mie. Ce détail de nos paniers respectifs et seulement destiné à mettre en avant notre droit respectif à postuler auprès de la caisse “moins de dix articles”. Bref, la mamie, d’abord elle soupire. Une fois, puis deux. Puis trois… Puis soixante-douze fois. Et comme les soupirs ne suffisent pas, la mamie décide de s’exprimer : “Ca avance pas hein !”. Et comme personne ne relève, elle en remet un couche : “C’est complètement fou que ça avance pas !”. Cherchant désespérément un regard complice dans la file d’attente composée, par chance, de gens civilisés en dehors d’elle-même, la mamie s’emballe et multiplie les remarques : “Qu’est-ce qu’ils ont tous à venir faire leurs courses maintenant ?! Y a d’autres magasins hein, pas la peine de tous venir ici hein !!… Pis les caissières… On voit qu’elles sont pas pressées hein. C’est sûr qu’elles sont pas payées au rendement celles-là.”.

Toujours aucune réaction dans l’assistance. La mamie impatiente décide donc de passer au plan B : je passe devant tout le monde. Et ce après un petit jeu très énervant ma foi qui consistait à courir d’une caisse à l’autre des fois que la voisine soit plus rapide, pour revenir finalement à sa place initiale en lançant àau reste de la file : “Je fais que reprendre ma place hein, j’étais là avant vous au cas où vous n’auriez pas remarqué !”. Donc, le plan B : “Touss touss… Oulala, je suis malade moi… Touss touss… Vivement que je rentre chez moi, je suis pas en forme hein…”. Personne ne bronche, surtout pas Eve, imperturbable. “Pis l’autre devant (parlant de la cliente juste devant moi) qui débarque avec une cargaison, ben on a pas fini hein, on n’est pas sortis de l’auberge !… touss touss… Oula, je dois avoir la grippe moi.”.

N’ayant réussi à apitoyer son entourage, la vieille dame suintant de mauvaise foi s’attaque au plan C plus connu sur “plan de la dernière chance” et caractérisé par un culot évident. S’adressant à moi :

“Vous avez vu, ça avance pas.
- Ca avance. Doucement…
(sourire en sus, je suis une gentille fille)
- Vous trouvez ? Ah.
- …
- Ca vous ennuie si je passe devant vous mademoiselle, j’ai presque rien dans mon panier. d’ailleurs regardez, les chips, je les laisse. J’ai juste ce qu’il me faut pour ce soir, trois fois rien.
- Moi non plus Madame je ne suis pas très chargée, j’ai juste ce qu’il me faut pour ce soir.
-
(Soupiiiiiiiiiiiiir) Oui mais tout de même…!
- Hmmm ????
-
(Hésitation)…Je suis âgée !
- Et ?
- Je suis â-gée !
- Et moi je suis enceinte.
- Et bien ça ne se voit pas !
- Je ne vois pas ce que ça change et c’est pas parce que toi, ça se voit que t’es vieille, que ça doit te rendre agressive.
- Ooooh maaaaais…
- ecoutez madame, tout le monde en a marre, tout le monde a moins de dix articles, tout le monde est pressé de rentrer chez soi, les vieilles dames, les femmes enceintes, les étudiants, les hommes d’affaire, tout le monde quoi.
- …
- … ???
(regard fixe genre : “Un problème méchante petite vieille plus hargneuse qu’un teckel mal luné ?!“)
- Ca alors, vous n’avez même plus le respect de l’âge !“.

Qu’une personne comme ça me parle de respect, ça me fait doucement rigoler. Mais ce qui me fait peur, c’est la question suivante, que j’ai pourtant eu l’occasion de traiter dans ma petite tête durant mon attente en caisse : quel est le pourcentage de risques pour que moi-même, je ne finisse par devenir une vieille dame acariâtre ? Nan parce que sérieux, les vieilles personnes, ça fait peur des fois, elles me font l’effet d’un chien incapable d’arrêter de japer et à qui t’as juste envie de balancer ta godasse (voilà, tu piges maintenant pourquoi j’ai choisi “Arrête d’aboyer” des Sheriff en musique d’accueil.

Edit : Et là, je jubile de te savoir, toi lecteur, en train de te demander, sans oser l’avouer : “Mais le coup de “chuis enceinte“, c’était juste un gag pour remballer la vieille ou bien c’est vrai de vrai ?“. T’es tellement touchant de naïveté que t’en es mignon tu sais…

Posted in Lis des trucsComments (0)

Advert

twitter

Tu veux jouer avec le nuage ? Tu peux.

 

septembre 2010
L Ma Me J V S D
« août    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

Le mouchard