Comme je te le disais précédemment, si les amitiés se créent plutôt facilement lorsque les protagonistes partagent diverses affinités, il n’en demeure pas moins que :
- tes semblables peuvent s’avérer être d’inbuvables connards
- des amitiés inattendues se créent parfois avec des personnes totalement improbables
Et parfois, tu copines ainsi avec des gens qu’ont troôôp rien à voir avec toi, comme disent les djeun’s.
Regarde, prenons deux de mes plus grandes copines :
(chialez pas les filles, même si j’sais bien qu’c'est trop d’honneur)
Ben j’ai envie de dire : comment veux-tu que je ne sois pas copine avec ces filles-là ? Ce serait juste IM-POS-SIBLE ! Copiner avec elles, ça a juste été trop facile, c’était quasi dans l’ordre des choses tellement elles et moi, on est pareilles.
Entre la Blonde qui est une sorte de croisement entre Mister Bean et Benny Hill (hein “mon p’tit soleil” ?!) et qui fait une bourde par quart d’heure minimum, et la Pétasse qui organise des goûters avec des gâteaux en forme de bites et de spermatozoïdes, j’ai juste envie de dire que ces deux tarées, c’est le Ciel qui me les a envoyées, voire même que Dieu, il nous a conçues dans le même moule. J’veux dire, c’est pas donné à tous le monde de tomber sur d’autres congénères qui cultivent également l’amour du mauvais goût et des blagues de merde, qui s’envoient des cadeaux avec des zizis dessinés sur les paquets et qui sont incollables sur les films cultes des années 80. Bref, ces filles-là, je me dis qu’elles ont été mises au monde pour être mes amies (et je remercie de tout coeur Marcelle et Sergio d’avoir enfanté ce condensé de vulgarité et d’humour de merde qu’est la Blonde. God bless you !).
Donc voilà, y a des gens comme ça, au moment où tu leur adresses la parole, tu piges que forcément, tu vas copiner. Trop facile quoi.
Pis parfois, y a aussi ces autres gens.
Les autres gens, c’est ceux qui sont pas comme toi. Mais alors pas du tout hein.
Pire, ça peut parfois être des gens qui, objectivement, sont tout ce que tu détestes. Ou presque.
Tiens, prenons à nouveau un autre exemple. J’ai nommé Sonia, blogueuse influente de son état.
Sonia, pour ceux qui ne la connaissent pas, je t’explique :
- elle met du gloss. Plein.
- elle se fait des smoky eyes. Parfois bleu canard ou violet flashy. Et quand je dis “smoky eyes”, crois-moi, c’est pas du smoky de tapette hein, c’est plutôt carrément le carnaval de Rio sur ses paupières (et ce, tous les jours de l’année, oui mes braves gens !).
La preuve en image :

Avoue que ça te la coupe hein…
- elle aime les paillettes, les strass et tout ce qui brille
- elle aime la mode. Mais pas la mode d’y a 60 ans hein, la mode de maintenant, les créateurs, les fringues de marque et tout et tout
- elle aime la fourrure (d’ailleurs sa tête est mise à prix sur Facebook) (la pauvre) (tout ça parce qu’elle aime bien porter des écharpes en animaux morts)
- elle est totalement, mais alors TOTALEMENT superficielle et s’extasie devant des ongles d’orteils joliment décorés. Et elle possède, tiens-toi bien, 146 vernis à ongles différents. (Plus que 144 et je la bats)
- elle fréquente de temps à autre les soirées people et tout le gratin parisien. Because c’est une personne “in” vois-tu.
- elle n’écoute pas de punk rock, ne voue pas un culte à Elvis, n’est pas obsédée par les films de zombie ni par les BD avec des monstres dedans, et n’a pas de tatouages qui font mauvais genre.
- son livre de chevet, c’est le dernier Closer.
- Elle n’est pas trop branchée Romero. En revanche, elle a suivi la dernière saison de Secret Story avec un engouement qui dépasse l’entendement (et elle a même assisté à l’émission) (j’te jure)

(La fille en violet qui applaudit et qui a le sourire jusqu’aux oreilles tellement elle est contente de voir François-Xavier en vrai, ben c’est elle)
Et bref, tout ça pour dire qu’objectivement, cette fille, c’est TOUT ce que je déteste.
Mais alors TOUT hein.
Sauf que…
Sauf que malgré le gloss, le vernis pailleté, les flots dans les cheveux et le smocky bleu canard, il est arrivé ce truc de ouf, de façon très fortuite : elle et moi, on a sympathisé.
Tu m’aurais dit qu’un jour je sympathiserai avec cette fille, ma parole j’aurais pété de rire et je t’aurais demandé si tu te droguerais pas par hasard pour dire des conneries pareilles. J’aurais même ajouté (tiens toi bien, ceci est la minute “même pas honte de l’avouer”) : “je copine pas avec les poupouffes parisiennes qui s’achètent un tube de gloss toutes les 24 heures.
(Ouais, j’aurais dit ça. Parce que je suis une vraie langue de pute, of course et que j’aime ça)
Donc bref, OUI, en vérité je vous le dis, j’ai sympathisé avec le côté obscur de la force, j’ai sympathisé avec une blogueuse influente glossée et pailletée qui a même eu sa rubrique dans un magazine people (et qui lave son chien-chien au savon Lush). Un coup à me niquer ma réputation, tu l’as dit mon p’tit…
Même que le jour où on s’est rencontrées, c’était assez folklorique pour le coup : elle en robe et serre-têtes violet électrique avec zyeux et zongles assortis, forcément), moi en robe tête de mort et chaussures avec “Rock” et “Roll” marqué dessus. On a partagé notre temps libre entre les boutiques qui vendent des t-shirts Iggy Pop et des sacs léopard et le Starbucks top tendance que kiffent les parisiennes chébran. On est même allées chez Lush acheter des savons rose fluo, c’est dire le niveau.
Et bref, je lui ai parlé de mes gosses, elle m’a parlé de son chien, je lui ai montré mon super sac en forme de carrosserie de Meteor et elle son Hello Kitty bling bling qui s’allume quand son portable sonne, je lui ai confessé que j’arrivais pas à marcher sur mes platform shoes à motifs tattoo et elle, elle m’a appris comment faire vu que dans son métier très hype d’avant, elle apprenait précisément à marcher à des taupes models (et je suis pas tombée) (mais j’avais l’air d’avoir un balai coincé dans le trou de balle).
Et depuis ça, ben tsais quoi ?
On est toujours copines.
La vérité.
Même qu’à cause d’elle, je mets du vernis à ongles maintenant, c’est dire si elle a une sale influence sur moi.
Et pendant l’entre-acte de “l’Amour est dans le pré”, on s’appelle pour dauber sur l’esthéticienne blonde ou pour dire que Norbert et Guilaine, ils sont trop meugnons, surtout quand Norbert se lave les pieds dans le lavabo pendant que Guilaine se brosse les dents. (Petite parenthèse : j’ai pas eu besoin de Sonia pour aimer les programmes TV de merde. M6 est mon ami, sache-le) (Et sache aussi que tous les gens qui prétendent chier sur M6 et ne jurent que par Arte, 9 fois sur 10, c’est rien que des menteurs).
Et elle de son côté, j’espère qu’il lui arrive d’écouter Elvis des fois (pour le punk 77, elle n’est pas encore prête la petite). Je pense que la période 70’s d’Elvis, elle devrait kiffer. A cause de la cape kitsch, des lunettes de mouche et des paillettes, bien sûr.
Voilà, tout ça pour dire que des fois, ben les amitiés les plus improbables se créent. Et durent.
Là t’es censé dire “Ô putain, c’que c’est beau l’amitié”.
Pour m’aider à faire ma transition.
Car j’annonce : mode langue de pute ON ! :
DOOOOOONC,
au final,
je préfère nettement côtoyer des filles à gloss et sacs haute couture qui ne trichent pas, plutôt que des filles qui font semblant d’être quelqu’un d’autre juste parce qu’elle trouvent ça plus cool.
(Ayé, opération “daubage” activée)
La fille qui se met subitement a écouter la même musique que moi, à se saper dans les mêmes boutiques que moi, qui a comme par hasard exactement les mêmes goûts et centres d’intérêt que moi (mais qui ne les avait pourtant pas y a encore six mois, trop marrant hein ?!), les mêmes références “cultes”, au film près, et qui voudrait faire croire à tout le monde que non non, il ne s’agit aucunement d’un revirement de personnalité entièrement voulu et calculé, qu’elle a toujours été comme ça au fond (mais alors tout au fond hein), ben t’sais quoi, ces filles-là, même pas pour rire j’ai envie de copiner avec.
Ah mais carrément pas quoi. Je préfère de loin des gens carrément pas raccord avec moi mais franchement authentiques, qui ne trichent pas et ne mentent pas, plutôt que ceux qui se fabriquent une personnalité en piochant dans tes habitudes et tes références.
Et je me marre cent fois plus en découvrant les univers complètement barrés de certains gens avec qui je partage peu de centres d’intérêt (Sonia a tout de même réussi à m’épater avec sa machine qui imprime des photos sur les ongles) (nan mais t’imagines les possibilités ?! Tu peux aller bosser avec des mini Chuck Norris imprimés sur chaque ongle !) plutôt qu’en écoutant les propos navrants de personnes qui s’évertuent vainement à te convaincre que “putain on est trop pareils et trop branchés sur les mêmes trucs quoi” et qui au final, passent leur temps à se mentir à eux mêmes au profit de…
Ben au profit de quoi au fait ?? Parce que qu’on m’explique : c’est quoi l’intérêt de faire “semblant” d’être quelqu’un ? De s’emparer des centres d’intérêt de quelqu’un d’autre ou de s’inventer un look sous prétexte que comme ça, c’est plus cool ?!! Non vraiment, sérieusement, je tente de comprendre… Mais j’y arrive pas, c’est trop de la merde pour qu’on trouve une explication à ce genre d’attitude.
Mais putain, venez comme vous êtes les gens, c’est quand même autrement plus marrant que de se déguiser pour tenter de tous se ressembler en croyant qu’on sera plus potes avec ça (la bonne vanne). Car juste comme ça hein, au passage, c’est plus souvent l’effet inverse qui se produit et traîner avec des gens qui s’évertuent à essayer de me correspondre, c’est juste désespérant, hautement navrant, complètement pathétique et clairement insupportable. Nan mais t’imagines ? C’est comme si je me mettais à écouter du hard rock et à aduler Lemmy pour être copine avec Ze Connasse (alors qu’entre nous, suffit de lui payer une bière ou un petit pétard pour ça) ou que j’arrêtais de me laver et que je portais des collants troués pour me sentir plus punk et donc plus proche de Manu (comment ça je suis déjà proche de Manu ? Ah oui merde, c’est vrai !), ou bien comme si je me mettais à détester tout le monde et à traiter tout le monde d’enculé pour être plus pote avec le Coach (comment ça je déteste déjà les gens ? Non, pas tant que ça, t’exagère).
Ma parole mes petits veaux, la semaine prochaine, moi aussi je vais jouer à ça : je vais me connecter aux blogs de mode et choper plein de références, et après j’irai m’acheter tout ce qu’il faut dans les boutiques de marque et adopter un look cool de fille urbaine qui vit avec son temps. Et j’irai à la Fnac acheter le dernier Emilie Simon et je me damnerai pour une paire de Louboutin. Et avec ça, je tacherai de me faire plein de copines pareilles que moi avec qui j’irai dans les grands spas parisiens et la vérité, ce sera trop bien…
Nan ça va, je déconne.
Jamais de la vie je renoncerai à mes BD de zombies, jamais de la vie je dénigrerai ces bons vieux punks new yorkais (contrairement aux idées reçues de Manu qui considère que le rockab c’est pas trop compatible avec le punk 77), jamais je ne cesserai de me répéter les dialogues des Goonies à mes heures perdues, jamais de la vie je n’arrêterai d’être amoureuse de Fonzie, jamais j’arrêterai de faire de l’humour pipi-caca à deux balles même si ça fait rire que moi (et la Blonde et la Pétasse, si t’as bien suivi) (sur ce, tu veux une blague de Melon et Melèche ?) et surtout, jamais de la vie j’arrêterai de porter cette frange trop courte. Nan ça va, pour la frange, je déconne.
Cet article est évidemment dédié à toutes ces cruches en mal de personnalité qui croient comme des connes qu’on sera vachement plus copines si elles s’amusent à me photocopier et à me claquer à la gueule des “t’as vu, pareil que toi”. Bande de baltringues va. A votre âge en plus, z’avez pas honte…?! (Oui, “baltringues” ça peut aussi être féminin) (c’est même plus souvent féminin que masculin ces temps-ci, aurais-je tendance à dire)
Aaaaah, je sens qu’avec cet article, je vais encore me faire PLEEEEEIN de copines !! Chouette alors ! (Ca tombe bien, je comptais en garder rien que 10. Une pour chaque doigt quoi).








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