Posted on 01 décembre 2008.
Je suis née au tout début des années 80, à une époque où les pulls en mohair aux formes géométriques multicolores étaient follement tendance portés sur un fuseau, où les mèches blondes étaient le must en matière de coiffure et où le 33 tours de Boy George et Culture Club tournait sur la chaîne hi-fi familiale.
Donc, à moins que tu sois totalement con, si tu fais un rapide calcul, tu te rends bien compte qu’étant née en ces temps anciens, j’ai été ado dans les années 1990.
Alors pour ceux qui ont vécu cette dure période qu’est l’adolescence, sensiblement à la même époque, et puis pour les autres aussi, surtout pour les plus jeunes qui auront désormais matière à se foutre de notre génération, petite séquence remember : flash back dans les années 90.
Etre ado dans les années 90, ça rigolait pas, surtout niveau look. Car je te prie de croire que finalement, vu la touche qu’on avait, on était mal placés pour se foutre de la gueule de nos grands frères ou de nos parents en matant des photos remontant à dix ou vingt ans en arrière. Certes, en 1995, le pull mohair asymétrique et les boucles d’oreilles créoles en plastique fluo avaient cessé d’être à la mode mais avaient été remplacés par des attributs tout aussi merdiques exceptionnels.
Par exemple, pour être cool dans les années 90, il fallait se saper… Non mais attends, je peux pas commencer par là. Faut d’abord préciser qu’à l’époque pour être “cool”, t’avais justement intérêt à prononcer le mot “cool” à tout bout de champ. Exemple : “T’as regardé Sauvés par le gong hier ? C’était trop cool hein ?!“, “Hier c’était trop cool, j’suis allée chez le Mike et on a joué à un jeu trop cool sur sa Nintendo !“, “Trop cool, la prof de Sciences Nat est absente, on va pouvoir aller lire Top 50 en perm’ !” ou encore “Putain c’est pas cool, demain j’ai rendez-vous chez l’orthodontiste“. Voire : “Cool, y a des frites à la cantoche.”
En fait si t’étais pas foutu de glisser l’expression “cool” dans la conversation une bonne centaine de fois par jour, t’étais absolument pas tendance. Totalement pas cool quoi.
Et donc, revenons-en à nos histoires de look. Pour être cool, t’avais tout intérêt à adoper THE détail capillaire qui faisait de toi une fille tendance dans les années 90, j’ai nommé : la mèche. Oui, je dis bien “LA” mèche, car quand on disait LA mèche en ce temps-là, tout le monde voyait de quel type de mèche on parlait, y avait pas besoin de préciser ou d’ajouter quoi que ce soit. Pour te donner une idée de ce qu’était la mèche, habitude capillaire abandonnée depuis fort longtemps au profit de la frange de pute, ben ça ressemblait à ça :
Voici LA mèche déclinée en version homme et femme.
Faut dire que la mèche de Kelly dans Sauvés par le gong, c’était un peu la perfection en matière de mèche, le résultat auquel on voulait toutes aboutir même qu’on avait bien du mal. Car viens là que je te parle du rituel de la mèche qu’on accomplissait inlassablement chaque matin que Dieu faisait (le Dieu des années 90, of course). D’abord, tu crèpes ta mèche, un peu mais pas trop, pour pouvoir la faire tenir droite, dans la continuité de ton front. Ensuite, pour que le côté crépé ne se voit pas trop, tu mettais un peu d’eau mais pas trop et tu lissais le tout avec un peigne. Et enfin, étape cruciale, tu aspergeais tout ça de laque, genre Graphic Fix’n'Moove (tu te rappelles du djingle de la pub pour cette laque ? “Je fais ce que je veux euh, avec mes cheveux euh”…. Encore plus naze que “L’Oréal parce que je le vaux bien”… bref). Mais du Graphic Fix’n'Moove, fallait en mettre vraiment beaucoup hein, fallait en mettre plein. Un demi-litre par jour quasiment. Pis surtout, fallait pas hésiter de renouveler les applications dans la journée, histoire de pas se taper la teuhon totale avec une mèche qui perd de l’altitude. Par exemple, les jours où t’avais EPS, c’était impératif que t’aies ta bombe de laque dans ton cartable Lafuma, parce que sans ça, c’était la mort de ta mèche et la ruine de ta réputation.
Après la mèche, fallait avoir des sapes évidemment adéquates, des trucs évidemment trop cool dans les années 90. Comme un t-shirt LC Waïkiki tiens. Nan mais franchement, explique-moi comment cette marque a pu faire fureur…?! On se trimballait tous dans la cour du collège avec nos t-shirt multicolores placardés par une tête de gorille sympa… Et t’avais plutôt intérêt à avoir la languette sur l’épaule, parce que sans ça, c’était pas un vrai Waïkiki, et avoir un faux Waïkiki, c’était la honte totale, l’humiliation dont tu te remettais jamais, le truc susceptible de pousser une collegienne et sa mèche jusqu’au suicide.
Mais quand même, faut savoir que LC Waikiki, ça ressemblait à ça :
Ouais je sais, on avait peur de rien.
LC Waïkiki, c’était en 6ème. En 5ème, fallait s’habiller chez Naf Naf et SURTOUT, avoir sur le col de sa veste le pin’s Naf Naf représentant un petit cochon doré. Si t’avais pas le pin’s cochon, tu prenais le risque de jamais te faire d’amis dans la cour du collège, on plaisantait pas avec le pin’s Naf Naf, ni avec aucun pin’s d’ailleurs. Parce que le pin’s, c’était sacré. A cette époque, bien avant le retour en force du badge, c’était le pin’s qui faisait ta force. Sortir sans pin’s sur tes fringues, c’était pire que sortir sans slip.
Dès la 4ème, Naf Naf a commencé à devenir carrément moins cool en matière de marques de fringues. Désormais, il fallait du Chevignon. Et crois-moi, si j’ai fait partie des filles les plus populaires de mon collège (ouais, j’étais comme ça moi, populaire, la fille avec qui tout le monde il voulait être pote, la première de la classe qui sortait avec le beau cancre redoublant même que ça foutait la rage à toutes les morues de la cour de récré), c’était sans aucun doute grâce à ma mèche parfaitement étudiée et grâce à mon sac Chevignon, sûre. Et peut-être aussi parce que j’ai fait partie des premières à se pointer avec des Doc Martens colorées (violettes) à lépoque où ces modèles venaient tout juste de débarquer chez nous. Tu vois, tout doucement je devenais rock’n'roll sans m’en rendre compte, alors que trois ans en arrière je me balladais avec des têtes de singe partout tellement je m’étais vautrée dans le phénomène LC Waïkiki (si t’as pas connu, tu peux pas comprendre).
Je crois que j’ai commencé à devenir une fille totalement cool et inabordable par les gens moins cool (comprenez les gens sans mèche) quand j’ai cumulé les paires de Doc Martens (pourrie gâtée va) et notamment le jour où je me suis pointée avec le modèle tartan qui déchirait sa race quand même, d’ailleurs je m’en veux toujours de les avoir balancées y a quelques années. Ca et le fait d’être incollable sur le phénomène Oasis et pop anglaise, ça faisait de moi une sorte de demi-dieu de la cour de récré. Et personne n’osait s’asseoir sur mon banc ou me passer devant quand j’allais acheter mon croissant à deux francs cinquante à la coop, c’est moi qui te le dis.
Bref, ne nous égarons pas dans mes récits de chevilles enflées et revenons à des vrais trucs marrants.
Genre les références TV de cette époque.
Dès 1992, mes copines et moi on s’est mise à es passionner pour les sitcoms de l’époque, avec une prédilection pour les Années Collège et Sauvés par le gong, détronés quelques années plus tard par la non moins débile série Parker Lewis ne perd jamais (mais c’est parce que c’était débile que c’était cool, sûre qu’aujourd’hui encore ça pourrait me faire marrer). Ces séries, c’était un peu nos références et on voulait toutes avoir le super look so 90’s de leurs héros. Petit aperçu pour ceux à qui cela ne parle guère :
Les années collège, c’était ça :
Et le personnage qu’on préférait tous, c’était évidemment Joey Jeremiah, le mec au chapeau, parce que c’était le crétin sûr de lui et surtout parce que c’était le gars le plus rock’n'roll du collège Degrassi, celui qui jouait dans un groupe de rock appelé le Zit Remedy (putain la mémoire, avoue que ça t’épate) et qui chantait ça (même que je kiffais grave et si maman mate cette vidéo, elle doit se marrer en me revoyant dans mon pull à tête de singe en train de secouer la tête devant la télé… oui parce que les épisodes, je les enregistrais pour me les repasser à loisir) :
“Everybody wants something”
Sinon, Parker Lewis ne perd jamais c’était ça. Note que la mèche était toujours très en vogue. Et inutile de te préciser qu’on était toutes amoureuses de Parker Lewis ET de son pote (parce qu’on faisait pas dans le détail après tout) :
Bref, souvenirs souvenirs… C’est tout ce que j’ai trouvé à te servir aujourd’hui lecteur. Et même si c’est pas terrible, je suis sûre que les lectrices de ma génration auront bien kiffé la vidéo du Zit Remedy.
D’ailleurs, je les invite à me remercier en me versant une obole pour avoir de si bonnes idées. Histoire que je puisse m’acheter l’intégrale des Années Collège en DVD tiens. Pour faire un don, c’est toujours au même endroit. Le racket de lecteurs, y a pas à dire, c’est mon truc.
(Pour les autres, revenez quand même demain, le KJiBi Underground vient de frapper fort et y aura une affaire à ne pas manquer. Pis mercredi, ça parlera concert rockab et punk, avec du PKRK et un drôle de public… bref, faut que tu lises ça… Alors s’il te plaît lecteur, même si le singe LC Waïkiki t’as fait peur, reviens sur ce blog hein, juste pour la déconne).
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